Deux moines zen, un jeune et un patriarche, se promènent sur un plateau désert.
Le jeune nommé demande :
"Maître, qu'est-ce que le secret, qu'est-ce que le silence ?"
Le patriarche ne répond pas et continue la promenade.
Le plus jeune :
"Mâitre, maître, il y a paraît-il un secret dans le zen, Bodhidharma ne parle-t-il pas d'un secret, de la pratique de la sagesse pure, dont la substance serait le silence et la vacuité ? Maître, je veux savoir, qu'est-ce que le secret, qu'est-ce que le silence ?"
Le patriarche reste muet et poursuit son chemin, suivi du jeune disciple qui répète :
"Maître, maître, qu'est-ce que le secret, qu'est-ce que le silence ?"
Ils parviennent en bordure d'une falaise.
Un arbre surplombe le vide, presque à l'horizontale.
Le vieux moine ordonne à son jeune ami :
"Marche en équilibre le long de cette branche."
Le jeune moine, avec prudence, avance au-dessus du vide.
"Maintenant, dit le patriarche, arrête-toi, baisse-toi, mords très vite la branche entre tes dents et suspends-toi dans le vent comme un fruit vert que tu es !"
Le jeune moine, très inquiet mais très discipliné, obéit à son maître, et bientôt il est pendu au-dessus du vide, retenu par ses seules machoîres.
"Maintenant", dit le maître, "dis-moi, qu'est-ce que le secret, qu'est-ce que le silence ?"
cité par Marc de Smedt
Offert par mon Amie Sirène, avec mille mercis ♥
Publié par swadisthana à 10:25:28 dans Reçu en cadeau... | Commentaires (10) | Permaliens
Publié par swadisthana à 15:00:17 dans Reçu en cadeau... | Commentaires (2) | Permaliens
On raconte que dans la Perse ancienne vivait un roi nommé Zémir. Couronné très jeune, il se mit en devoir de s'instruire : il rassembla autour de lui de nombreux érudits provenant de tous les pays et leur demanda d'éditer pour lui l'histoire de l'humanité. Tous ces érudits se concentrèrent donc profondément sur cette étude.
Vingt années passèrent à la préparation de l'édition. Enfin, ils se rendirent au palais, chargés de cing cents volumes à dos de douze chameaux.
Le roi Zémir avait alors passé la quarantaine.
<< Je suis déjà vieux, dit-il, je n'aurai pas le temps de tout lire avant ma mort, alors, s' il vous plait, faites-en une édition abrégée. >>
Durant une vingtaine d'années les érudits travaillèrent sur ces livres et revinrent au palais avec trois chameaux seulement.
Mais le roi était devenu trés vieux. Il avait près de soixante ans et était affaibli :
<< Il ne m'est pas possible de lire tous ces livres . S'il vous plait, faites-en une version plus courte. >>
Il travaillèrent encore dix ans, puis revinrent avec un éléphant chargé de leurs ouvrages. Mais le roi avait maintenant plus de soixante dix ans ; à demi aveugle, il ne pouvait plus vraiment lire. Zémir demanda alors une édition encore plus abrégée. Les érudits eux aussi avaient vieilli. Ils se concentrèrent encore cinq ans et juste avant la mort du roi, il revinrent avec un seul volume.
<< Je dois donc mourir sans aucune connaissance au sujet de l'histoire de l'homme >>, dit-il.
A son chevet, le plus âgé des érudits répondit :
<< Je vais vous expliquer en trois mots l'histoire de l'homme : l'homme naît, souffre, et finalement meurt. >>
A cet instant même le roi expira.
Offert par mon Ami Didier, avec mille mercis ♥
Publié par swadisthana à 09:07:44 dans Reçu en cadeau... | Commentaires (0) | Permaliens
Il y a quelque huit cents ans, le prince de la province de Kyushu , Kato Saemon Shigenji, avait deux femmes. Il les aimaient toutes les deux mais elles ne pouvaient s'entendre et se disputaient sans cesse. La vie du prince se trouvait empoisonnée par leurs constantes plaintes, leurs colères, leur esprit mesquin et jaloux, au point de songer au meurtre.
Alors, un jour, lassé de cette situation fausse, lassé de la superficialité de son existence et des honneurs de sa charge, il décida de couper avec ses illusions pour trouver les racines de son être ; il abandonna son riche palais et toutes ses possessions, pour mener la vie simple du moine.
Sa première épouse suivit son exemple et se retira dans un monastère. La seconde, dans les mois qui suivirent son brusque départ, mit au monde un très bel enfant, son fils.
Les années passèrent . Depuis son plus jeune âge le fils héritier ne cessait d'interroger sa mère: << Où es papa ? pourquoi n'ai-je pas de papa ? >> Et sa mère de lui expliquer, sans le satisfaire, que celui-ci avait disparu.
Sa dixième année passé, son désir de retrouver son père était tel qu'il décida de partir à sa recherche. Devant tant d'insistance, la mère, qui avait enfin pu savoir que le prince s'était retiré dans un monastère de la montagne sacrée de Koyasan, décida de l'accompagner jusqu'en ce lieu .
Arrivé là, elle attendit dans une auberge, l'entrée du monastère étant interdite aux femmes, tandis que son petit garçon gravissait le mont à la recherche de son papa.
Une journée passa, la nuit tomba et le gamin s'endormit entre deux souches. Au matin, une voix le réveilla : << Que fais-tu là ?>> C'était un grand moine, aux traits fiers et doux, au crâne rasé, qui lui parlait.
- Je cherche mon papa.
- Ah ! Mais qui est ton père ?
- C'est le prince de Kyushu, il vit dans cette montagne. C'est mon papa, je veux le trouver !
Le moine, bouleversé, comprit qu'il avait en face de lui son fils unique, il reconnut en ses traits et ceux de sa mère et les siens, son coeur battait à tout rompre, il voulait serrer entre ses bras le petit bonhomme qui le regardait de son air triste et têtu.
Mais non, il se retint, ne bougea pas. Et en ce temps-là les règles obserbées par les moines étaient trés sévères : quand un laïc décidait de prendre le bol, le bâton, et de revêtir le kesa, il devait couper toute attache avec son existence antèrieure, sous peine de rompre les kaïs, les préceptes.
Alors le moine dit brutalement au petit garçon :
- Oui ton père vivait ici mais il est mort la semaine dernière.
Les yeux du petit garçon s'embuèrent de larmes, il baissa la tête. Le moine, déchiré, ne savait que faire, pris entre le désir de serrer l'enfant dans ses bras et la volonté de ne pas enfreindre la règle de son ordre.
Mais le petit leva la tête et dit :
- Je veux aller prier sur sa tombe. Accompagnez-moi s'il vous plait.
Arrivé dans un endroit du cimetière, le moine montra une tombe sous un grand rocher, simple pierre gravée du nom d'un moine.
- Voilà, c'est ici.
Le gamin se prosterna et pria longuement. Le moine retint ses larmes et au bout d'un moment dit :
- Allez, il est temps que tu rentres retrouver ta mère.
Sur le chemin du cimetière, il s'était fait raconter la vie menée par ce fils qu'il ne pouvait plus reconnaitre comme tel . << Allez, viens, tu n'as jamais vu ton père, il est mort, oublie-le , deviens à présent un homme digne de ton héritage de prince. >>
Le gamin le suivit jusqu'au porche du temple et s'en retourna tristement par le chemin indiqué.
Arrivé à l'auberge, il apprit que sa mère était décédée dans la nuit d'un brusque accès de fièvre. Fou de douleur, il s'en retourna avec son escorte à la ville voir sa tante chérie. Mais elle aussi venait de mourir, touchée par l'épidémie.
Alors le gamin vit l'univers s'écrouler autour de lui. Plus que jamais solitaire, rien ne l'attirait plus, les aliments avaient goût de cendre, les paysages gracieux de son jardin n'éveillaient plus rien, et les plus douces musiques rendaient un son funèbre.
Mais dans sa tête d'enfant restait un seul espoir : le moine rencontré là-haut sur la montagne, dans le monastère oû coule une vie calme, rytmée par la méditation et les cérémonies.
Il s'enfuit du palais pour y retourner.
Le moine, un jour, le vit apparaitre dans la cour du temple :
- Que fais-tu là ?
- Je veux devenir moine. Toute ma famille est morte, la vie n'a plus de sens pour moi, je veux rester avec vous.
Alors le moine réalisa qu'on ne peut couper son destin, son karma. On peut le modifier mais il vous suit toujours, sous une forme ou une autre.
Et ainsi le fils devint disciple du père .
Offert par mon ami Didier avec mille grands mercis ♥
Publié par swadisthana à 17:53:05 dans Reçu en cadeau... | Commentaires (26) | Permaliens
Un maitre offre un melon à son disciple .
<< Comment trouves-tu ce melon ? lui demande-t-il, a-t-il bon goût ?
<< Oui,oui trés bon goût ! >>, répond le disciple .
Le maitre pose alors cette question :
<< Qui a bon goût, le melon ou la langue ? >>
Cette histoire est un koan trés intéressant .
Le disciple réfléchit, devient compliqué et répond :
<< Cette saveur provient de l'interdépendance, pas seulement de celle du goût du melon et de la langue, mais également de l'interdépendance de ... >>
<< Idiot ! Triple idiot ! coupe le maitre en colère, Pourquoi compliques-tu ton esprit ? ce melon est bon. Ce goût est expliqué par ce seul aspect. La sensation est bonne . Cela suffit. >>
Les pensées personnelles limitent, catégorisent et compliquent .
Offert par mon Ami Didier, avec mille mercis et de grands sourires ♥
Publié par swadisthana à 13:07:53 dans Reçu en cadeau... | Commentaires (6) | Permaliens
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Nous avons chacun un rôle à jouer pour instaurer un climat de paix authentique. Si, en tant qu'individu, on parvient à désamorcer ses bombes intérieures - en neutralisant ses pensées et émotions négatives et en cultivant ses qualités positives -, on créé les conditions favorables au désarmement extérieur.
Le Dalaï-Lama

Lorsqu'on agit en se souciant d'autrui, notre comportement à son égard est automatiquement positif. En effet, lorsque notre coeur est rempli d'amour, il n'y a pas de place pour la suspicion. C'est comme si une porte intérieure s'était ouverte pour nous permettre de tendre la main vers l'extérieur.
Le Dalaï-Lama

Notre capacité innée à l'empathie est la source de la plus précieuse des qualités, celle que les Tibétains appellent nying je, ou compassion.
Le Dalaï-Lama
La nature est notre berceau. Celui-ci n'est pas nécessairement saint ou sacré. C'est tout simplement l'endroit où l'on vit. Il est donc dans notre intérêt d'en prendre soin.
Le Dalaï-Lama
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