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L'abeille | 14 novembre 2009





L'abeille




Bon jour, pour un instant...



Le soleil respectueusement vient carresser l'ai, le réchauffer. De ses rayons il fait surgir une multitude de diamants sur les feuilles, des colliers de perles apparaissent du au labeur des tisseuses infatiguables de dames araignées.


Notre ami le moine se remplit de ce spectacle, apprécie chaque chose et s'en réjouit. Il marche lentement et passe devant la grande salle du temple.


Un voyageur étranger est assis et parait désabusé...


- Bon jour,mon ami que se passe t il ?...


l'homme lève son regard et rencontre celui bienveillant du moine...


- Tout ce que je fais dans ma vie m'apparait tellement petit, insignifiant, par rapport à tout ce qui se passe dans le monde. Mes actions sont minuscules...


Le moine sourit, il s'approche, il prend un bol et le remplit d'eau...


- si je rajoute une goutte d'eau, une seule verras tu la différence ?...


l'homme surpprit...


- non bien sur la quantité dans le bol est trop importante, le niveau ne bougera pas...


le moine sourit, il se saisit d'un pinceau et le trempe dans de l'encre. Puis avec douceur il suspend le pinceau au dessus du bol et une goutte s'en détache et tombe à l'intérieur du bol. Aussitot l'eau se teinte...


- Parfois le doute, la peur, la colère est cette goutte d'eau elle est capable de nous teinter...


Puis le moine invite l'homme à le suivre dehors. Tous deux se rendent au bord de l'étang....


- Regarde que vois tu ?...


- de l'eau, l'eau de l'étang...


- et c'est tout ?...


- je vois aussi tout ce qui l'entoure les arbres, la terre l'herbe...


Le moine se penche...


- et cette abeille, engourdie par le froid qui est tombée dans l'étang l'as tu vue ?


- par rapport à la taille de l'étang...


l'abeille remuant ses pattes finit par rencontrer le fin morceau d'herbe et s'y accroche. Elle s'en sert pour regagner le bord et grimpe en haut d'une tige pour se sécher aux rayons du soleil...


- cette brindille était minuscule, comme l'était mon geste mais l'abeille est en vie. Chaque geste, chaque regard, chaque mot, chaque sourire même minuscule a une influnence sur le tout même immense. Chaque goutte peut nous influencer, nous teinter...


l'homme se tourna vers le moine et comme les rayons du soleil réchauffaient le matin, rencontra le sourire du moine qui réchauffa son coeur.


Une abeille s'envola traversant une fraction de seconde le regard des deux hommes..






belle journée à tous en souhaitant que les rayons du soleil nous réchauffent.. un grand sourire à toi Swadisthana


Serge




Publié par swadisthana à 10:28:33 dans Les Contes de Serge.... | Commentaires (3) |

Pluie | 05 novembre 2009





Pluie




Bon soir, pour un instant...




Le moine passe un grand sac sur son épaule et se rend au village. Il avance d'un pas régulier, son regard embrasse tout le paysage. Pour seuls compagnons de route, le vent et les nuages. Au fur et à mesure le vent se fait plus soutenu et les nuages prennent une couleur menaçante. Il est encore loin d'arriver lorsque la pluie fait son apparation, une pluie de plus en plus forte jusqu'a en devenir torrentielle.


Le moine sourit, il sort une sorte de parapluie et continu sa marche. Son habit claque dans le vent.


A un moment du chemin il passe devant une maison et est amusé par ce qu'il voit. Un homme est entrain de danser sous la pluie, il danse et chante et avec lui toute sa famille.


Voilà un homme heureux se dit le moine et il s'approche de ce joyeux groupe...


- Bon jour...


- Bonjour répondit le groupe...


- Puis je vous poser la question de savoir pourquoi une telle joie ?...


L'homme trempé mais heureux lui répond...


- oui, notre récolte risquait d'être perdue par le manque d'eau et voici qu'il pleut, nous sommes sauvés...


Le moine se réjouit avec le groupe et n'hésite pas à esquisser quelques pas de danse. Puis il reprend son chemin sous la pluie.


En arrivant enfin vers le village, il aperçoit un homme entrain de pleurer et avec lui toute sa famille...


- que se passe t il ?...


- Nous avions organisé la fête du village et fabriqué des décorations en papier, avec cette pluie tout est fichu c'est la pire journée que j'ai vécu...


Le moine inclina sa tête, une même pluie et deux vécus différents.


Ses affaires faites il repartit en direction du monastère, sous la pluie en souriant. Son sourire fut le même lorsque la pluie s'arrêta et laissa la place à un grand soleil...




Belle et douce soirée à tous, un grand sourire à toi Swadisthana.


Serge




Publié par swadisthana à 21:55:21 dans Les Contes de Serge.... | Commentaires (1) |

Les feuilles... | 03 novembre 2009





Les feuilles





bon jour, pour un instant...



La nature s'est embrasée, quel spectacle toutes ces couleurs, or, feu, vertes, rouge, marron.


Le moine est assis et contemple.


Prés de lui un enfant du village vient s'asseoir...


- tu trouves ça beau ?...


le moine se tourne en souriant...


- et toi ?...


- mouais !! mais elles vont tomber, pourquoi elles ne restent pas sur l'arbre?...


- c'est vrai elles pourraient pourtant il en est ainsi. Chaque automne l'arbre perd ses feuilles, ce ne sont jamais les mêmes, n'auront pas connus les mêmes choses, mais le moment venu elles lacheront prise, tomberont...


- et elles meurent ?...


- regarde par terre, elles nourrissent le sol, permettent à d'autres espèces de se développer et de vivre... L'arbre se montre alors tel qu'il est, sans feuillage le masquant, il peut être droit, tordu, grand , petit, rabougri, il montre ses cicatrices, ses rides, ses faiblesses, sa puissance...


- Je préfère quand il y a des feuilles c'est plus joli, mais je les aime aussi sans...


le moine sourit et suit du regard une feuille.


- l'homme aussi perd ses feuilles, fasse qu'elles soient d'amour et qu'elles donnent vie à leur tour.


Un vent tourbillonant forme une colone multicolore de feuilles, l'enfant court, bat des mains...


- viens viens ! on est des feuilles ?


Dans cette fin de journée on peut voir un moine et un enfant courir, voler comme des feuilles emportées par le vent en riant...




Belle journée à vous,avec de grand sourires..
Un sourire tendresse pour toi Swadisthana...



Serge




Publié par swadisthana à 09:32:57 dans Les Contes de Serge.... | Commentaires (3) |

L'équilibriste | 02 novembre 2009

 

Pourquoi ses pas l’avaient ils dirigés dans cette rue ? Il ne passait jamais par là, en fait avait il vraiment marché, il ne se souvenait même pas par où il était passé.


La rue n’avait rien d’attirant, de longues façades grises, des balcons où pendaient lamentablement les dépouilles de plantes qui depuis longtemps ne savaient plus ce qu’était la chlorophylle, des cordes à linge pliant sous le poids du ciel gris qui s’y accrochait pour ne pas racler les trottoirs. Comme un naufragé son instinct de survie le tira vers le seul point de lumière dans cet océan blafard. L’équilibriste café bar, la vitrine était une carte postale à elle seule. Grande portes de bois à la peinture délavée avec des vitres qui se donnaient un genre avec des arabesques peintes.


De cet océan on ne pouvait voir l’intérieur ou est ce l’intérieur qui ne voulait pas voir l’extérieur ? Sa main franchit la limite et poussa la porte. Les regards se dirigèrent automatiquement sur le nouvel intrus, comment ? Qui vient nous déranger dans notre monde ? Toutes ces vies tournées vers lui semblaient lui dire : va t'en, ne reste pas là, regarde ce que nous sommes devenus, il y avait juste ces regards pas un mot. Ils n’avaient plus la force ou le courage, peut être les deux… déglutissant difficilement il commanda un cognac. Le patron qui un instant eut le secret espoir que celui là repartirai, quitterait ce navire en perdition baissa les yeux et comme s’il coupait l’amarre, fil d’Ariane fragile, il posa un verre sur le comptoir en zinc et versa l’élixir. Que cherchaient ils tous, à noyer leur chagrin, noyer leur colère et lui ne faisait pas exception. « E pericoloso sporgersi » il glissa en se penchant sur sa vie et tomba au fond de ce verre, et plus il buvait plus il se noyait dans sa haine de lui-même. Portant à ses lèvres le poison de ses peurs, de ses colères, de sa vie gâchée, il aimait cette brûlure lui parcourant l’intérieur du corps comme une coulée de lave dévastatrice.


Le regard, un instant, quitta son verre, regarda à la ronde et s’arrêta sur un homme assis à une table. On l’aurait cru sorti du mur crasseux, vêtu de nuit ou la lumière était proscrite. Leurs âmes se croisèrent et le volcan vomit ses entrailles…


- Qu’est ce que t’as à me regarder ? Hein ? Je te choque, oui je bois et alors je t’emm…


L’homme assis, le regard fixe ne disait mot…


- Qui tu es d’abord pour me juger ? Et comme pour le provoquer il avala encore cette lie nauséabonde qu’était la photographie de sa vie, d’un seul trait…l’agression laissa la place au récit sans gloire d’une vie dans laquelle il n’avait jamais voulu prendre place, sa place…


- Tu vois, regarde moi bien et bien tu as devant toi le prince, que dis je le prince, le roi, l’empereur du ratage de vie. Oui mon gars, dans toute sa dégringolade. J’ai d’abord cru que c’était pas de ma faute, que c’était les autres, la famille, les amis, l’entourage, la lune, le soleil a force je ne savais plus quoi inventer, pire mon père , ma mère et enfin j’ai compris que c’était moi. Le froussard de la vie dans toute sa magnificence pour vous servir…


L’homme se taisait…


- Et puis pourquoi je te raconte tout ça , tu veux me dire, pour ta compassion mais j’en ai rien à foutre…


Pierre claqua le verre sur le comptoir, paya et sorti en titubant.


Le bar portait bien son nom, "l’équilibriste", lorsque ces damnés de la vie quittaient leur antre on aurait dit qu’ils marchaient sur un fil cherchant un appui illusoire dans l’air pour ne pas se retrouver au fond du caniveau. Il rentra avec peine chez lui ou à part son ombre qui avait bien eut du mal à faire le chemin en sa compagnie, personne ne l’attendait. Les jours passèrent et chaque soir il réintégré le navire amiral, comme il disait.


Chaque soir il retrouvait l’homme assis, toujours à la même table, avec ces habits sombres. Comme chaque soir il gardait le silence et Pierre exécutait son one man show. Plus il vidait son sac, plus il devenait triste, et puis il aperçut une lueur dans le regard de l’homme. Il y avait tellement longtemps qu’il n’en avait pas vu qu’il ne la reconnut pas tout de suite, on aurait dit mais oui, c’était de l’amour. Malgré toutes ses insultes, ses mises en cause, ses grondements, l’homme semblait lui dire je t’aime.


Déstabilisé, Pierre s’assit en face de lui, plus aucun mots ne sortaient, une douleur atroce le saisit à l’estomac, comme quelqu’un qui n’a plus rien a vomir. L’air s’habilla de silences, parfois pesant, parfois plus léger, Pierre était là devant un lac sans en connaître les fonds, il sentait qu’il pouvait avoir confiance, qu’il pouvait faire ce pas, et se laisser glisser dans les eaux sombres. Trop tôt sans doute, sa bête intérieure ne lâchait pas si facilement, il se remit debout…et puis à quoi bon… il paya et partit.


Le lendemain, il préféra regarder de l’autre côté, délaissant l’homme assit. Deux jours passèrent, la porte du café s’ouvrit et insidieusement un rayon de soleil se faufila venant jouer avec les miroirs de la salle. Pierre entra, l’homme était là, il souriait, non pour se moquer, ni pour lui dire … "je savais bien que tu reviendrais me voir". Non un sourire qui disait, "je suis heureux de te voir".


Était ce rayon de soleil mais Pierre trouva que les habits de l’homme n’étaient pas aussi sombres que d’habitude. Sans rien commander Pierre s’assit en face du sourire. Les habitués tournèrent leurs regards, attendaient, la main autour du verre, comme suspendue…Le patron regardait la scène. Puis Pierre se tourna vers le comptoir…


- un café s’il vous plait…


Le patron sourit et s’empressa. Quelque chose d’imperceptible brillait dans les yeux des compagnons amarrés au comptoir. Ils baissèrent la voix, chuchotant presque, tant cet instant était magique. Ce soir là, Pierre sortit du café debout, il prit une grande inspiration et rentra chez lui.


Le jour suivant personne ne put se rendre au café, en effet celui-ci était fermé pour travaux. Les navires esseulés ne pouvant plus accoster au comptoir en fur quitte pour trouver un port de transit.


Ce fut un mardi que le café rouvrit ses portes. Le premier client à s’y rendre dut se reprendre à deux fois avant d’entrer, la grisaille avait fait place à un bouquet de couleurs. Tous avaient été invité à l’inauguration du nouveau café. Le patron était fier, les murs étaient repeints ainsi que les boiseries avec des teintes chaleureuses. La façade elle-même narguait les immeubles alentours. Pierre avait proposé au patron de repeindre le café, il était peintre de métier. Cette magie qu’il avait au fond de lui, devenue fleurs fanées au fond d’un cœur sec s’était tue. Son choix de l’arroser avec cet alcool, avait brûlé son cœur d’homme de ses larmes acides. Pierre était là, souriant à tous déversant un regard d’amour dans tous ces cœurs oubliés. Il se retourna pour regarder à la table où cet homme assis, silencieux, l’avait écouté pendant de long mois, se dénigrer, s’agresser, se désaimer.


Cet homme qui par ces silences lui disait simplement de laisser jaillir son cœur, de s’aimer tel qu’il était, qu’il n’y avait pas de temps perdu, qu’il n’y avait pas de faute à chercher mais comme une plante cherche le soleil laisser son cœur aller vers la lumière. Petit à petit l’épidémie gagna du terrain et des immeubles s’essayèrent à la couleur. Pierre fut demandé et dans chaque tache il y mettait tout son cœur. Le soir au café l’équilibriste, des hommes souriaient, discutaient, devant un café, un jus de fruit, bien sur, certains continuaient à se noyer mais ils n’étaient plus seuls, ils trouvaient en face d’eux de l’amour.


Le patron s’adressa à Pierre…


- je ne croyais pas que cela arriverait, quand je te voyais parler à ce miroir …


Pierre savait qu’il n’avait pas changé il était ce même homme sombre, assit en face de lui, silencieux, mais plein d’amour. Juste son image dans un miroir qu’il avait apprit à aimer, à s’aimer, à se pardonner. Il n’avait pas changé, il avait comprit et était simplement lui…

 


En vous souhaitant une belle soirée, pleine d'étoiles dans les yeux et dans le coeur.



Serge



Publié par swadisthana à 12:45:24 dans Les Contes de Serge.... | Commentaires (3) |

Les trois pierres | 25 octobre 2009

Bon soir, pour un instant...



- J'ai écouté tout ce que vous avez dit sur l'éveil, la voie, la souffrance, les trois joyaux, mais je n'ai pas compris...


Notre ami le moine sourit. La question de ce jeune villageois raisonne en lui. Bien sur il pourrait lui répondre que la réponse est dans l'apprentissage, l'étude mais une question lui effleure l'esprit... Le soleil ne réchauffe pas seulement celui qui sait le pourquoi et le comment. Il réchauffe l'enfant, le sourd, la fleur, l'aveugle, l'oiseau, l'arbre, le poisson, le cheval...


Il regarde à nouveau le jeune villageois en souriant et l'invite à le suivre...


- Vois tu cette énorme rocher ?...


- Oui je le vois...dit le jeune enfant se demandant où le moine veut en venir...


- imaginons que cela est ta souffrance, le poids de tes actions, de ta vie. Essaye de le soulever...


- Mais c'est impossible...


- Essaye...


le jeune homme s'approche du rocher, essaye et bien évidemment n'arrive pas à le soulever. Alors le moine se saisit de bambous, il en donne un au villageois...


- essaye maintenant avec cela...


le jeune réessaye mais n'arrive toujours pas.


Le moine alors se saisit d'une grosse pierre qu'il dépose à côté du rocher...


- Prends appui sur cette roche avec le bambou...


Le jeune homme s'exécute et appuit sur le bambou. Faisant levier l'énorme rocher bouge et retombe. Le moine appelle un jeune moine et lui demande en lui donnant le deuxième bambou de faire levier aussi. Le villageois et le jeune moine appuient sur leur bambou le rocher se soulève encore plus mais déséquilibré retombe. Notre ami le moine se servant du troisième bambou fait levier en meme temps que le villageois et le jeune moine et le rocher se soulève...


Il a fallut un élève, un disciple, et un guide mais aussi de trois points d'appui sans tout cela impossible de faire bouger l'énorme pierre.


Le jeune villageois comprend, à coté de lui notre ami le moine sourit, les derniers rayons de soleil de la journée irrisent ses habits...




je souhaite à tous une belle et douce nuit, à toi swadisthana une multitude de sourires étoiles...



Serge




Publié par swadisthana à 02:36:10 dans Les Contes de Serge.... | Commentaires (3) |

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Nous avons chacun un rôle à jouer pour instaurer un climat de paix authentique. Si, en tant qu'individu, on parvient à désamorcer ses bombes intérieures - en neutralisant ses pensées et émotions négatives et en cultivant ses qualités positives -, on créé les conditions favorables au désarmement extérieur.

Le Dalaï-Lama




Lorsqu'on agit en se souciant d'autrui, notre comportement à son égard est automatiquement positif. En effet, lorsque notre coeur est rempli d'amour, il n'y a pas de place pour la suspicion. C'est comme si une porte intérieure s'était ouverte pour nous permettre de tendre la main vers l'extérieur.

Le Dalaï-Lama
 




Notre capacité innée à l'empathie est la source de la plus précieuse des qualités, celle que les Tibétains appellent nying je, ou compassion.

Le Dalaï-Lama

 

La nature est notre berceau. Celui-ci n'est pas nécessairement saint ou sacré. C'est tout simplement l'endroit où l'on vit. Il est donc dans notre intérêt d'en prendre soin.

Le Dalaï-Lama


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