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Les couleurs.... | 07 octobre 2009



Bon   jour, juste un instant...





Il a mis les couleurs sur sa palette, du bleu, du jaune, du vermillon...
Il a mis des oiseaux dans le bleu du ciel...
Pour rendre la vie plus belle...
Il a mis un soleil pour réchauffer les coeurs de ses rayons...
Il a mis de l'eau avec des poissons dedans...
Pour faire jouer la lumière sur leur écailles d'argent...
Il a mis le vent dans les mèches folles...
Il a mis la musique de la vie au cabaret des lucioles...
Il a tout bien fait, tout ce qu'il fallait...
Il a même mis des coquelicots dans les champs de blé...
Quand son tableau il a terminé, fier il l'a exposé...
Mais l'homme n'a pas le temps, son regard l'a ignoré...
Pourtant il s'était appliqué, il avait mis tout son coeur...
Il a jeté son tableau par terre d'un geste rageur...
La pluie des ses yeux, de sa toile a tout délavé...
Il a prit deux ailes d'anges pour effacer cette illusion...
Et c'est comme ça... qu'il a mis de la couleur aux ailes des papillons.

Ce vers quoi l'on tend n'est pas toujours le but qu'on atteint.




Belle journée à tous accompagnée de rayons de lumière un immense sourire multicolore pour toi Swadisthana.



Serge







Publié par swadisthana à 17:05:09 dans Les Contes de Serge.... | Commentaires (4) |

Trois petits vieux... | 04 octobre 2009



Bon   jour, pour un instant..



Il fallait être aveugle pour ne pas les voir. Tous les jours dès que le soleil réchauffait l'air, ils sortaient, chacun de leur côté et, les mains jointes dans le dos, ou posées sur une canne de bois poli, ils avançaient d'un pas hésitant. Leur lent cheminement les emmenait sur un banc, l'un après l'autre, ils se pliaient en grimaçant. Le papier de soie froissé était trop grand sur leur carcasse. Leurs mains avaient l'aspect d'un parchemin où était inscrit tout leur chemin de vie. Il aurait fallut être aveugle pour ne pas les voir et pourtant personne ne leur adressait plus la parole. Pas le temps, que leur dire, que peuvent ils comprendre à la vie d'aujourd'hui ?...


Autrefois ils étaient connus, reconnus, l'un pour sa science des métaux, il était forgeron, Auguste, dit Gucht. Un poitrail de taureau et deux masses à la place des mains. Il connaissait l'alchimie des métaux, appri lors de son compagnonnage et dans différents pays du globe qu'il avait traversé. Mais qui s'en souvenait. Les socs de ses charrues étaient célèbres, là où d'autres s'ébréchaient, se fendaient, ses socs passaient, traçant sur la terre des rides nourricières.


L'autre vieux bonhomme, c'était Louis dit "la cheville", surnom qu'on lui avait donné à cause de ses assemblages de bois qui défiaient le temps sans jamais rompre. Lui aussi avait parcouru le monde et apprit son métier jusqu'au coeur des arbres. Il en connaissait les moindres secrets. Il aimait les arbres, les respectait, avant d'en couper un, il prenait son temps, il allait le voir, lui parler, attendait le bon moment. Il n'en perdait rien. Dès qu'il l'avait coupé, il plantait deux arbres...la vie qu'il me donne en vaut bien deux. Mais qui s'en souvenait.


Le troisième larron était un homme extraordinaire, il avait une solution pour tout, tout paraissait simple. Il était d'une précision extrême, toujours à dessiner depuis son plus jeune âge. L'horloge du village lui devait plusieurs fois la vie. C'était Pierre.


Ils sont là, assis, sans un mot. La neige du temps qui s'est posée sur leur cheveux les a rendus inutiles, voir gênant.


Oh ! Au début ils ont bien essayé de résister mais face au nombre, face aux remarques qui partaient d'un bon sentiment que pouvaient ils faire ?...


- Laisser ça aux jeunes, rentrez vous allez prendre froid, couvrez vous, ne faites pas l'enfant...


Petit à petit comme les pots de fleurs qu'on rentre l'hiver on les avait remisé, à la différence c'est que leur hiver n'en finissait pas. Le village où ils résidaient avait un coeur qui le faisait vivre, c'était la minoterie. Au tout début ce n'était qu'un moulin le long de la rivière, puis il prit de l'essor. Son patron voyant les choses en grand, décida de se passer du moulin vestige d'un autre temps. La technologie aidant la roue du moulin fut remplacée par des moteurs et la production augmenta. A elle toute seule la minoterie employait les trois quarts du village. Mais a force de vouloir devenir plus grosse que le boeuf, la minoterie explosa. D’abord des pannes, puis la conjoncture changea tant et si bien qu'on parla bientôt de fermeture. Certains prient les devant et partirent pour aller travailler en ville. Un jour la minoterie resta fermée, le patron avait mis la clé sous la porte. Le coeur avait cessé de battre. Des réunions eurent lieu, on tournait, on tournait mais rien n'en sortait. Le maire proposa de racheter le moulin et de l'utiliser...


- L'énergie est là avec la rivière et je pense que des produits de qualité, régionaux, du terroir ont une place dans l'économie. Pas question de fournir le monde entier mais je pense que nationalement c'est jouable...


Le lendemain tous se rendirent au moulin, le cortège passa devant le banc où nos trois petits vieux le regardèrent déambuler.


Une fois sur place le constat fut amère, le moulin n'avait pas été entretenu. Lorsqu'ils actionnèrent les leviers enclenchant la roue, un craquement sinistre se fit entendre. Tout l'ensemble se figea et les meules restèrent immobiles...


- Jamais nous ne pourront réparer c'est trop vieux...


L'assemblée, la mine triste quitta les lieux. L'affaire était close.


Le lendemain matin, les gens vacqaient à leurs occupations avec dans la bouche le goût amère de la résignation. La nuit suivante des lueurs et des bruits bizarres venaient du moulin. Le temps passa. Quelques uns remarquèrent l'absence des trois petits vieux sur leur banc. Ce fut des haussements d'épaules, des moues disgracieuses, après tout... Les jours filaient et on commença à s'inquiéter. Le maire fut alerté. Il décida d'aller leur rendre visite.


Arrivant chez Auguste, il frappa à la porte, le silence lui répondit. Inquiet celui ci insista. Rien. Soudain une fenêtre s'ouvrit..


- Qu'est ce que c'est ?...


- Bonjour Gucht, je venais prendre de vos nouvelles, comme cela fait plusieurs jours qu'on vous voit pas !..


- Je vais bien merci, je me repose...Et il ferma la fenêtre.


Rassuré le maire continua ses visites, il alla voir Louis et Pierre et il reçut à quelque chose prés le même accueil. Les jours s'égrenaient, rien ne venait troubler l'agonie du village. Une réunion invitant tous les habitants du village fut organisée. Toute la population se retrouva dans la salle communale, même nos trois petits vieux. On avait beau tourner le problème dans tous les sens, aucune solution n'émergeait.


Ce fut Pierre qui leva la main pour prendre la parole...


- Il n'y a qu'a se servir du moulin, comme autrefois. L’eau est une énergie gratuite...


- Nous savons tout cela Pierre, mais le moulin est hors service. Les pièces sont introuvables, on a pensé mettre des moteurs mais la commune n'a pas les moyens, ni de les acheter, ni d'entretenir. De plus le patron de la minoterie a tout démantelé dans son bâtiment il ne reste rien qu'on ne puisse récupérer....


Les trois petits vieux se levèrent et invitèrent tout le monde à les suivre. Nos trois compères avaient retrouvés leurs jambes de 20 ans, plus de mains dans le dos, plus de canne. Ils arrivèrent au moulin, ouvrirent la grande porte, pénétrèrent et abaissèrent les leviers. L'eau s'engouffra sous la roue, entraînant celle ci, la magie opéra. Les meules se mirent à tourner...


- C'est incroyable, les pièces étaient cassées...


Auguste avait refait les engrenages, les bielles, les axes, Louis avait rebâtit toute la structure en bois et Pierre avait dessiné les pièces avec précision et avait fait l'assemblage. Toute leur expérience, leur savoir, leur regard avait servi. Les lueurs et les bruits c'était eux qui travaillaient la nuit. Dans leur regard on y voyait de la fierté mais surtout de l'amour. Jamais on avait vu d'aussi beaux petits vieux.


Tous furent émus, eux qui passaient chaque jour devant ces hommes sans les voir ou plutôt comme on regarde de vieilles choses exposées, qui ne servent plus à rien. Leurs cheveux blancs, leurs mains parcheminées n'étaient rien face à l'énorme coeur qu'ils avaient.


On organisa une fête devant le moulin et nos trois amis en furent. Sans rien dire, sans mots, mais juste un regard d'amour, l'une ou l'autre convives venaient les embrasser.




Il est huit heures Auguste sort de chez lui et se dirige vers le banc. Il s'asseoit. Louis et Pierre arrivent. Une fourgonnette estampillée " le moulin d'A.L.P en remerciement à Auguste, Louis et Pierre s'arrête devant eux...


- Bonjour, comment ça va ? Le chauffeur sourit et nos trois amis lui rendent ce sourire....


- ça va, et au moulin ?...Bien ça tourne, à plein régime, il faudrait passer, il me semble qu'un engrenage fait un peu de bruit...


- D'accord on vient...


- je vous emmène ?...


- Non non, on va y aller à pieds...


La camionnette redémarre...


- Mes engrenages ne font pas de bruit, c'est impossible, ce doit être le bois...


- Quoi le bois ? Le bois est parfait...


Tous les trois se regardent et éclatent de rire. Le chauffeur les regarde dans le rétroviseur et sourit.




Trois petits vieux sur un banc avec un coeur gros comme ça se lèvent, le chemin continu...




Juste de l'amour et un immense sourire à tous. Belle journée et bon week end...Toute ma tendresse à toi Swadisthana.


Serge




Publié par swadisthana à 15:04:50 dans Les Contes de Serge.... | Commentaires (8) |

Esprit de Bouddha | 02 octobre 2009




Le cadre



Bon soir, pour un instant...



Notre ami le moine se rend dans une salle du temple qui sert de bibliothèque, là sont rassemblés plusieurs élèves...


- Pouvez nous dire où trouver l'esprit de bouddha, son amour, sa compassion, son éveil, dans quel écrit ?...


Le moine sourit...


- je vais y réfléchir , retrouvez moi ce soir dans la grande salle...


la journée se passe et le soir tous les élèves sont là attendant le moine. Lorsque celui ci apparut il tenait sous le bras un cadre, les élèves se dirent que sans doute était ce une représentation de bouddha. Hors notre ami accrocha le cadre sur un mur face à une fenêtre. Il n'y avait rien si ce n'est un papier blanc avec écrit dessus .."esprit de bouddha"...


Les élèves surppris ne dirent mot, pensant qu'il y avait un enseignement ils cherchèrent une réponse.


Une heure s'écoula lorsqu'un élève osa prendre la parole...


- Vous avez mis l'esprit de bouddha dans un cadre pourtant il est parmi nous dans cette salle ?...


le moine sourit..


- vous avez raison suis je bête et il arracha un côté du cadre, ainsi l'esprit peut s'échapper dans cette salle...


Au bout d'un moment un deuxième élève prit la parole...


- Mais l'esprit de bouddha est aussi dans nos coeurs...


le moine sourit ...


- mais oui suis je bête..et il arracha un deuxième côté du cadre,...ainsi il pourra s'étendre jusque dans nos coeurs...


Puis un troisième élève ...


- mais il aussi autour de cette salle et dans l'enceinte du temple...


le moine arracha un morceau du cadre...


- Mais l'esprit de bouddha est aussi dans la nature, les arbres...


le moine sourit et arracha le dernier morceau du cadre à ce moment là, le papier où était ecrit .."l'esprit bouddha"..s'envola par la fenêtre.


Le moine sourit...


- l'esprit de Bouddha est partout à qui ouvre son coeur pour le voir...




Belle soirée à vous et merci à Didier.
Un sourire du coeur pour toi swadisthana.



Publié par swadisthana à 09:35:28 dans Les Contes de Serge.... | Commentaires (6) |

Derrière le bol (clin d'oeil) - (Merci, mille mercis Serge, et de grands sourires pour toi ♥= | 28 septembre 2009





Derrière le bol (clin d'oeil)




Bon soir, pour un instant...



Un maître est sur le point de mourir.


Autour de lui tous ses élèves, les gens qui ont croisé sa route sont là, tous sont tristes.


Le maître rassemblant ses forces attrape son bol qui ne l'a jamais quitté. Il le lève et le place devant l'unique bougie qui éclaire la pièce, aussitot celle ci est plongée dans les ténèbres.


Une voix douce et posée...


- il suffit de voir la lumière et la bougie derrière le bol...


puis la main du maitre s'abaisse et la lumière envahit la pièce à nouveau, le maitre s'en est allé, mais tous sourient et voient derrière le bol...



Petit clin d'oeil à Didier, merci pour tes citations et ta façon de voir les choses.


Belle soirée à tous, un immense sourire de lumière à toi Swadisthana



Serge



Avec mille grand mercis à toi Serge et d'immenses sourires ♥ Swad'




 

Publié par swadisthana à 21:44:22 dans Les Contes de Serge.... | Commentaires (14) |

Hasard ou pas ? | 24 septembre 2009

 

Croire au hasard, ou ne pas y croire, vaste question. Etait ce le hasard si je me trouvais là, ici et maintenant. Est-ce que ma naissance était du au hasard ? Ma couleur de peau, de mes cheveux, était ce lui encore qui faisait ce que j’étais, était ce lui qui allait me faire le rencontrer. Travaillant pour un cabinet immobilier je devais à cette époque me rendre dans un village pour l’acquisition d’un corps de ferme et du terrain l’entourant. L’agence voulait en faire un complexe hôtelier pour personne aisée en mal de nature. J’arrivai donc dans ce village et demandais mon chemin.


-         Si j’étais vous je n’irai pas !


-         Pourquoi dites vous ça ?


Mais la personne tourna les talons, me laissant planté avec mes interrogations. Quoiqu’il en soit je pris la direction de la ferme. Le chemin était à peine carrossable et je priai pour ne pas abîmer ma voiture. Enfin au bout d’une heure j’arrivai sur place. Les bâtiments étaient là, l’étable, la grange… Ils étaient en pierre de pays, ce qui s’en dégageait était une impression de paix. La ferme était à sa place et curieusement je ressentais que je n’étais pas à la mienne. Chassant cette idée comme on chasse une mouche avec la main, je décidais de faire le tour de la propriété. Le temps semblait s’être arrêté, figé. Un peu plus loin coulait une rivière. Me portant dans sa direction je me disais que c’était une bonne acquisition. C’est là que je le rencontrais. Alors que je m’approchais, une silhouette se découpa à travers les arbres. Un homme était là, debout, devant la rivière, appuyé sur sa canne.


-         bonjour monsieur, vous habitez ici ?...Pourtant, pensais je, l’agence m’a dit qu’il n’y avait plus personne. Et comme s’il avait lu dans mes pensées.


-         Non, il n’habite plus personne ici, vous auriez du voir avant, il y avait la vie, des rires, des larmes, de l’amour.


Je n’entendais pas ce qu’il me disait, c’était son regard qui me fascinait. A la fois perçant, on avait le sentiment qu’il pouvait voir la plus infime partie en nous et en même temps un océan où l’on pouvait poser ses valises, respirer. J’en étais là de mes investigations, lorsque mon esprit réintégra mon corps, mon regard tâta le vide, le vieil homme avait disparu. Ayant fini de faire le tour, de prendre des notes pour l’agence, je me décidais à repartir. L’être humain sait se montrer capricieux mais il est une chose qu’il l’est aussi, ce sont les voitures. La mienne refusa catégoriquement et obstinément de redémarrer. Me voilà bien ! En pleine nature, dans un endroit où il n’y a personne. La pression commença à monter en moi et les insultes se mirent à germer.


-         P… il fallait que ça arrive maintenant, et évidemment il n’y a pas un chat dans ce P… de pays. La pression augmenta  d’un cran ce qui déclencha un mouvement surprenant de mes pieds qui se mirent en devoir de marteler les pneus de la dite automobile qui pour l’instant était une auto immobile. je n’avais pas le choix, ces jambes que dame nature m’avait pourvu allaient devoir me porter jusqu’à la maison la plus proche. Avant de partir, je verrouillais mon ennemie récalcitrante, pris le strict nécessaire et me mit en route.


Dans un virage que formait le chemin, il y avait un arbre et sous cet arbre, un banc, et sur ce banc, le vieil homme. Je ne le voyais pas distinctement, il était de dos, mais je me doutais que c’était l’homme que j’avais vu. Il était assis, droit, les mains posées sur ses genoux, le regard perdu dans la rivière.


-         S’il vous plait, vous habitez près d’ici ? vous avez le téléphone ? oui, parce que comble de malchance, il n’y avait pas de réseau. Complètement perdu, et encore plus vulnérable, car pas de réseau. Sans se retourner, sans mouvements, seule sa voix, vibrante, chaleureuse.


-     Il est tard, vous devriez rester ici, il va faire nuit et vous risquez de vous perdre.


-     Rester ici ? non ! je ne peux pas.


En même temps le jour déclinait et je ne me sentais pas l’âme chevaleresque. Que voulez vous, enlevez l’automobile, son téléphone et son ordinateur à un homme et vous aurez devant vous le Robinson Crusoë des temps modernes. Bref, je sentais bien que cet homme avait raison, et ce sentiment baissait encore d’un cran le peu d’estime que j’avais pour moi. Je me faisais l’impression ecxecrable d’un petit garçon. Le vieil homme se leva, toujours en silence, ennuyé je le suivis. Au fur et à mesure de nos pas, la lumière faiblissait et je me demandais bien où on allait. J’avais du mal à voir où je posais mes pieds et j’étais dans l’obligation de leurs faire confiance. Je remarquais  dès lors que mes yeux ne voyaient plus rien, le reste de mon corps paliait à cet état. Mes oreilles étaient grandes ouvertes, je sentais beaucoup plus d’odeurs, et mes pieds palpaient le terrain. Mon équilibre aussi était modifié se recentrant à l’intérieur de moi. Enfin nous arrivâmes.


Un éclair jaillit et un espace s’illumina. Bon, et bien ce n’est pas ici que je pourrai téléphoner, il n’a même pas l’électricité. Je restais planté, mon ordinateur inutilisable en bandoulière, collier encombrant et pesant. Je déposais mes affaires au sol, je le vis s’agenouiller et après une inspiration lente et profonde, souffler. Tel un vent chassant les nuages, une envolée d’étincelles jaillit, rubis éphémères dans l’écrin noir de la pièce. Une petite danseuse se mit à vaciller au milieu des braises et consciente de l’attrait qu’elle suscitait s’élevait en une jolie flamme aux courbes sensuelles. Elle mit le feu au vieux chêne qui se trouvait dans la cheminée. Une bonne odeur de légumes envahit la pièce et me rappela que je n’avais rien ingéré depuis midi. Au moins je pourrai manger, du moins c’est ce que je pensais. Le vieil homme se releva, me sourit et me demanda si je pouvais aller chercher du bois dans la remise. La faim au ventre, je me dis que plus vite ce serait fait, plus vite on mangerait.


Les bras chargé de bûches, je rentrais.


-         Sais tu quel bois est ce ?


Quel bois ! non et puis qu’est ce que vient faire cette question maintenant pensais je. Je suis fatigué, j’ai faim, je ne peux communiquer avec personne et lui me demande de quel bois il s’agit !


-         C’est du hêtre, c’était un bel arbre sur l’autre côté du vallon. Il avait de belles branches où les oiseaux aimaient chanter et faire quelques coquineries, quand le printemps se faisait sentir. A ses pieds, quand le temps était propice, je ramassais de beaux champignons et lors des grosses chaleurs, j’aimais m’asseoir à l’ombre de son feuillage. Le soleil par transparence jouait avec les palettes de vert, le spectacle était magnifique. Au fil des ans, il a commencé à avoir des branches mortes dans le haut et j’ai aperçut un jeune hêtre qui poussait à quelques mètres. Il y a de cela trois hivers je suis allé le voir et lui ai dit que je devais le couper pour me chauffer, pour laisser pousser l’autre arbre et faire un meuble. Je me suis assis et j’ai passé la journée à discuter avec lui. Je suis revenu le lendemain et je l’ai coupé. J’ai gardé une partie en planches pour faire le meuble, le reste est dans la remise. C’est le bois que tu as pris, il va nous donner sa chaleur.


Puis il se tut.


Tout à coup je mesurais le gouffre qu’il y avait entre cet homme et moi. Il m’avait dit d’aller chercher du bois, machinalement j’ai pris les bûches que j’aurai mises dans le feu sans y prendre garde. Lui m’avait fait prendre conscience de ce trésor, de cette vie donnée pour me chauffer, de l’histoire de cet arbre. Posant la bûche sur le feu, son geste était mesuré, respectueux, plein d’amour. Le philarmonique, qui jouait dans mon estomac un récital de gargouillis me ramena à ma réalité. J’avais faim et ce feu, cette odeur de légumes attisaient cette faim. Pensant que nous allions passer à table, je me rapprochais de celle-ci, lorsque mon logeur se dirigea vers la porte.


-         viens voir !


il ouvrit l’épaisse pièce de bois qui gémit en effectuant une pirouette sur ses gongs.


-         regarde, respire ! le jour s’en va et nous salut, la nuit s’annonce.


Et à nouveau la magie opéra, cet instant vécut des centaines de fois sans y attacher la moindre importance devint en quelques secondes, un moment de recueillement intense. Mes yeux filmaient la scène, mes oreilles s’ouvraient, mes poumons se remplissaient de cet air du jour laissant sa place à sa sœur la nuit. Nous restâmes sur le seuil de la porte, un temps qui pour l’être que j’étais aurait parut interminable mais, pour celui  prit dans la magie lui apparut trop court. Toujours sans un mot il rentra, ferma la porte et alla chercher la marmite. Il servit deux gros bols de soupe. Là aussi il parsema de la magie, la vie des carottes, des choux, des pommes de terre frisaient avec les plus merveilleuses aventures de l’homme moderne. Plus ses mots raisonnaient, plus la soupe avait de goût, de senteur, de valeur, de chaleur.


Toute cette magie à laquelle je n’étais pas habitué me vidait et me laissait fatigué. Cette attention de tous les instants m’avait complètement exténué.


Le vieil homme le savait, être conscient de chaque seconde demande une grande énergie. Vivre chaque souffle sans passer et penser à côté est un exercice épuisant. Mais quel bonheur !!


Après ce repas, j’allais me coucher, la pièce sentait le bois,le foin et respirait la paix. Il me laissa dormir.


Le lendemain matin à peine levé je retrouvais l’homme dehors, face au soleil levant, un sourire sur son visage.


-         le soleil te salut.


Je vins me placer à ses côtés et je sentis sur mon visage une chaleur bienfaisante.


-         la lumière donne une autre dimension aux choses, aux êtres. Ça te dirait un bol de café ?


Je le regardais faire, comme le soleil ses gestes, son attention donnaient une autre dimension aux choses. L’eau du café était autre chose que ce simple liquide transparent qu’il m’arrivait de laisser couler sans y prendre garde. C’était devenu entre ses mains un nectar précieux. Il ouvrit une boite et l’odeur du café envahit l’espace. Il se préparait un moment inoubliable, rare, plein, j’allais boire un café en étant pleinement là. Nous n’échangeâmes aucun mot. De temps en temps je voyais son regard dépassant le bord du bol. Deux petits charbons ardent, pleins de vie, pleins d’amour. Quand nous eûmes terminé, je me levais et allais rincer mon bol. Une autre surprise m’y attendait. J’étais devant l’évier, mais pas de robinet, juste un récipient plein d’eau et une louche…


-         l’eau est précieuse, avec les robinets on ne se rend pas toujours compte du niveau du sceau et j’aurai tendance a en abuser.


Il me dit ces mots avec un sourire découvrant ses dents blanches. Chaque instant était de la vie, chaque minute, chaque seconde. Je ressentais comme une brûlure intense, l’impression de manquer d’air, toute cette vie, toute cette prise de conscience, cette implication dans la vie était fabuleuse et en même temps douloureuse.


J’avais le sentiment d’être l’homme qui aurait vécut sous terre et que l’on ramenerait à la surface. Bien qu’heureux de se retrouver à la lumière, celle-ci me brûlait les yeux et le cœur. Soudain il me revenait des expressions que j’entendais et que j’utilisais moi-même : c’est dur la vie, c’est comme ça, c’est la vie, on y peut rien. Tout à coup leur son était discordant, ce n’était pas la vie, je bougeais, paraissais, émettais des idées, des opinions mais je passais mon temps à côté de ma vie. Comme dans un film, oui c’est ça, un film alors que la vie, ma vie, était là, attendait que le film finisse, je n’avais qu’à sortir de la grande salle pour empoigner ma vie faite de tous ces instants magiques. Mon corps réclamait de l’air, voilà que je m’apercevais que j’avais besoin de respirer, de gonfler mes poumons d’air, cet air indispensable à ma survie.


Je sortis et vlan ! nouveau choc, le soleil avait fait son œuvre, avec sa chaleur l’air était parfumé. Je faisais entrer en moi, l’herbe, le ciel, le soleil,la rosée, les fleurs, les arbres, la terre toutes ces senteurs me pénétraient. Mes oreilles étaient en alerte, le bruit de la brise, des abeilles, les battements d’ailes des oiseaux, les arbres qui grincent. J’étais un enfant à la découverte d’un monde merveilleux. Avec peu de mots, cet homme m’avait offert ces trésors, m’avait aimé, m’avait montré l’extra dans ma vie ordinaire.la vie était là à chaque souffle, chaque pas, chaque mot, geste,sourire, regard.


-         viens !


Sa voix me fit sortir des mes pensées nébuleuses. Il me regardait en souriant, il avait senti le danger et m’avait ramené à la vraie vie. Un chemin empierré descendait vers la grand route qui menait au village. Le dernier orage, qui avait du être violent avait emporté une partie du chemin.  Je dus, moi, le commercial, charrier des pierres, des brouettes de pierres. Lui les empilait, sa main était sure, parmi le tas, il choisissait celle qui avait sa place. Nous avons œuvré toute la journée avec un temps de pause pour le déjeuner. Il avait préparé une omelette aux pommes de terre et aux herbes. J’eus alors l’impression de ne jamais avoir mangé quelque chose d’aussi bon.


-         toutes ces pierres avaient une place dans la nature, nous avons boulversé cet ordre. Elles ont aussi une place dans le mur, chacune d’elle, aussi petite, torturée, fragile, forte, lourde, chacune à sa place et sans l’une d’elle la solidité du mur est remise en question.


Je restais silencieux, chaque action, chaque geste,respiration, était, ou plutôt devenaient un enseignement de vie.

Ereinté, mais avec cette fatigue, un bien être, un apaisement. Mon corps me faisait mal , mais j’avais le sentiment d’être heureux. Sur le chemin du retour, il dut le sentir car il tourna son visage vers moi,  il souriait. Le soir succédant au jour je me retrouvais à passer une deuxième nuit chez cet homme. Je dois dire que je ne me faisais pas prier, je tombais d’une masse sur mon lit. Le soleil était déjà haut dans le ciel lorsque ses rayons se faufilèrent sous mes paupières et me sortirent de mon sommeil. J’avais apprécié la chaleur de la couette, je sentais celle du soleil sur mon corps. Mes pensées étaient à mille lieux de mon travail et de ce pourquoi j’étais venu. Après avoir regoutté à la magie du petit déjeuner, il me regarda et je sentais qu’il cherchait une réponse ou tout au moins à lire quelque chose dans mon regard. Il sourit. Il fit quelques pas, sortit et salua la vie. Je sortis à mon tour et but ces odeurs, je les ai bu jusqu'à plus soif, jusqu'à en être saoul. Ensuite nous partimes marcher, je vis des paysages magnifiques, de ce qu’on voit qu’a pieds. A la différence des musées où l’on voit des toiles de maîtres de loin, lui me faisait pénétrer dans le tableau, il me faisiat toucher, sentir, goûter.


-         ferme les yeux


Et il prenait ma main et la posait sur quelque chose de rugueux, il me faisait sentir la peau des arbres, la chaleur des pierres.


Il me regarda à nouveau, sourit et se dirigea vers une colline, au sommet de laquelle un chêne veillait. Un énorme rocher fit office de banc. Il resta silencieux, soudain un bruit incongru, qui n’avait pas sa place, me fit sursauter, c’était mon portable. Il y avait du réseau, et mon agence me contactait pour savoir ce qu’il se passait. Je regardais l’homme, il souriait et traça un cercle sur le sol. Sur l’autre versant de la colline on voyait le corps de ferme et à côté ma voiture. Comme si je ne voulais rien perdre, je vivais chaque pas qui me ramenait à ma vie, il m’accompagna. Mes affaires étaient dans ma voiture, à contre cœur je montais dedans, il était toujours là, je tournais la clé et la voiture démarra.


-         vous saviez qu’il y avait du réseau là haut ?


Seul son regard et un immense sourire fut sa réponse.


Quelque temps plus tard je laissais tomber mon boulot à l’agence. Je me suis débrouillé et j’ai pu acheter le corps de ferme, l’agence ayant décidé de construire son complexe ailleurs. J’y habite et en ai fait un gîte d’étape où les marcheurs, randonneurs peuvent se poser un temps avant de continuer leur chemin. Cela e suffit pour vivre. Morsque je revins je suis allé à la maison de cet homme mais il n’y avait personne. J’ai croisé un berger et lui ai demandé où était l’homme qui habitait ici.


- Oh ! il y a bien longtemps que plus personne ne vit ici.


Pourtant je n’avais pas rêvé.


Le premier soir que je passais chez moi à la ferme, je suis sorti sur le pas de la porte, j’ai regardé le soleil cuivré laissant sa place à  sa sœur la lune. Un peu plus haut le chêne se découpait en ombre chinoise et je crus apercevoir une silhouette d’homme avec une canne..


Chaque pierre a sa place…..

 


Serge







Pas de Hasard, j'ai reçu de morceau de hêtre en cadeau d'une personne dont jamais je n'aurai pu imaginer cela (même si pour certains cela peut n'être qu'un simple morceau de bois), le jour même ou Serge m'a fait cadeau de cette magnifique histoire.


Pascale.





Publié par swadisthana à 18:09:52 dans Les Contes de Serge.... | Commentaires (8) |

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J'en suis sincérement désolée, mais il m'a fallu me résoudre à fermer les commentaires de cet espace aux personnes "non autorisées", à savoir aux personnes n'ayant pas d'identifiant sur Blogg.orgg et utilisant l'anonymat à des fins nuisibles. En effet, cet espace (comme beaucoup d'autres) subit le harcèlement d'une personne depuis deux ans, personne, soit dit en passant que je ne connais pas le moins du monde. Aussi, pour ceux qui n'ont pas d'identifiant et souhaiteraient laisser un commentaires, il vous est possible de le déposer sur mon adresse mail (cette adresse se trouve en bas à droite de la bannière ci-dessus et en bas de ce présent texte) ou sur le lien qui lui correspond. Je déposerai alors ce commentaire sur l'article dont vous aurez eu la gentillese de préciser le titre, et cela en votre nom. Blogg.orgg ne permettant pas actuellement de visualiser les commentaires avant validation, il m'a fallu trouver un moyen pour éviter à cette personne de poursuivre son harcèlement. Je vous remercie de votre compréhension, en espérent que ce souci puisse trouver une issue positive dans les meilleurs délais --- Pascale --- Swad.PourMeContacter@gmail.com ou http://PDA-PDC.blogg.org/

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Om Mani Padmé Houng

Un grain de sable, rien de plus...



Là ou l'on s'aime,
Il ne fait jamais nuit.

Proverbe Africain.




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Nous avons chacun un rôle à jouer pour instaurer un climat de paix authentique. Si, en tant qu'individu, on parvient à désamorcer ses bombes intérieures - en neutralisant ses pensées et émotions négatives et en cultivant ses qualités positives -, on créé les conditions favorables au désarmement extérieur.

Le Dalaï-Lama




Lorsqu'on agit en se souciant d'autrui, notre comportement à son égard est automatiquement positif. En effet, lorsque notre coeur est rempli d'amour, il n'y a pas de place pour la suspicion. C'est comme si une porte intérieure s'était ouverte pour nous permettre de tendre la main vers l'extérieur.

Le Dalaï-Lama
 




Notre capacité innée à l'empathie est la source de la plus précieuse des qualités, celle que les Tibétains appellent nying je, ou compassion.

Le Dalaï-Lama

 

La nature est notre berceau. Celui-ci n'est pas nécessairement saint ou sacré. C'est tout simplement l'endroit où l'on vit. Il est donc dans notre intérêt d'en prendre soin.

Le Dalaï-Lama


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http://www.thebookedition.com/frederic-baylot-zem-apprenti-maitre-zen-p-23799.html

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Merci de votre passage ici et pour vos commentaires déposés... Tashi Delek

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